PATRIMOINE Le pressoir


Le pressoir à cidre de Savignies est antérieur au XVIIIè siècle.
Don de Monsieur et Madame Ferreira, ce pressoir à cidre se trouvait cour Saint François dans un bâtiment devenu leur habitation.



Il s’y trouvait également un
tour de pile (sorte de rigole circulaire en bois où l’on pilait les pommes à l’aide d’une meule actionnée par un cheval tournant autour de la rigole).


Les pommes broyées étaient ensuite disposées en lits d’une dizaine de centimètres d’épaisseur sur le tablier du pressoir; ils étaient confectionnés à l’aide de paille de seigle, plus tard de toiles.


La vis de ce pressoir à longue étreinte abaissait l’arbre sur un plateau posé sur les lits de pommes broyées et les pressait.


Le jus s’écoulait dans un baquet placé sous la goulotte du tablier.



Ce pressoir appartenait à la famille Patte selon l’une des premières matrices cadastrales de la commune. Mais il provenait de la vente des biens du clergé. En effet le bâtiment qui l’abritait faisait partie d’un ensemble appartenant aux dames du tiers ordre de saint François dont la maison principale se trouvait à Beauvais là où s’élève aujourd’hui l’annexe de l’université Jules Verne. Les religieuses l’avaient acheté, ainsi que toute la ferme où il se trouvait au seigneur, le marquis Antoine Oudart du Biez en décembre 1710 pour 9000 livres. Avec cette somme, ce dernier put rembourser le principal créancier de son père. L’acte précise en outre « il est expressément convenu et promis qu’il ne fera jamais construire dans l’étendue de la paroisse dudit Savignies aucun pressoir et qu’il laissera la liberté entière à ses vassaux d’aller presser au pressoir vendu par lui » Ce sont ces religieuses qui ont donné son nom à cette partie du village.
Il s’agit donc d’un pressoir banal qui procurait aux religieuses un revenu, chaque utilisateur payait une redevance au propriétaire, comme pour les fours ou les moulins.
Ce pressoir fonctionnait encore entre les deux guerres de 14-18 et 39-45. Puis les particuliers se sont mis à acheter de petits pressoirs à usage familial avec vis centrale en fer. Les puristes disent que cela ne vaut pas l’ancien pressoir tout en bois, car le contact du fer altère le goût du jus de la pomme.

Michel Lefèvre
Un tour de Pile
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Pommes disposées en lits
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Un autre pressoir à longue étreinte

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